15112001

15 novembre 2001





Certains jours les idées décuplent. Divers évènements, aussi minimes soient-ils, des actes pourtant répétés maintes et maintes fois sans jamais y accorder d'importance, prennent soudain toute leur signification. C'est ces jours là où j'écris, et aujourd'hui j'écris mes défauts.
Ce réflexe de ma part dénote une crainte subtile car elle est aussi une excuse: la peur de l'oubli. Peut-être l'étalage de mes réflexions nocturnes m'aidera à les assumer, peut-être bien qu'y croire me suffit. Le déclenchement de ces idées se produit toujours suite à une déception; Qu'elle soit d'ordre caractériel ou relationnel d'ailleurs. Dans tous les cas, ce ne sont pas les autres qui me mènent à une telle déception mais toujours moi; Ce qui, par un je ne sais quel principe d'auto-protection, me pousse à conserver de telles pensées plutôt par écrit que constamment à l'esprit. Car une fois "immortalisées" sur le papier, déballées, on a tendance à se sentir soulagé de ses craintes.
Aujourd'hui, je me sens égoïste. Ce terme est lourd de conséquences et ne me plaît pas beaucoup car d'autre part j'ai le sentiment profond de m'être souvent effacé au bénéfice d'autrui. Mais il se peut aussi que ce sentiment soit plus facile à assumer et que dès lors il masque aisément la réalité, fusse-t'elle primordiale. Ce qui importe à mon ego, c'est de me connaître parfaitement. C'est ce repli sur moi-même qui me rend égoïste. Il me rend tout autant méprisant car cette quête du moi ne va pas sans la recherche d'une certaine perfection qui ne peut que m'être propre; Et cette vision parfaite m'implique tant que je n'arrive même plus à la contrôler. Elle revient irrémédiablement dans mes relations comme si elle voulait convertir tous mes proches à son dessein. En parlant ainsi de "son" dessein j'exprime sans préméditation une lâcheté inouïe. Je ne suis semble-t'il par cette expression plus capable de m'assumer sans mettre en avant un quelconque défaut existant comme malgré-moi. Peut-être que je deviens fou. L'orgueil m'aura assiégé. J'en suis sûr!
Mais comment puis-je être orgueilleux avec tant de doutes? D'autant que mes doutes sont guidés par une volonté de tolérance et d'acceptation totale des composantes de la vie. Je n'ai pas encore trouvé le moyen de m'aimer. C'est sans aucun doute ce qui m'attriste le plus.
Ce nouveau chapitre doit me servir; Il faut enfin que j'inverse les rôles et que mes idées m'accompagnent plutôt que de les soutenir jusqu'à être entièrement à leur merci. Je sais ce que je veux vraiment: vivre heureux et laisser vivre.
Je ne dois plus réagir dans mon seul intérêt avec mémerde et accepter son indépendance. Je ne veux plus laisser passer l'amour et vaincre mes craintes pour m'y aider. Je dois savoir si, comme mon esprit semble me l'indiquer, Gwladys compte à ce point pour moi et si je peux compter pour elle. Je dois tolérer le fait d'avoir un coeur et pas seulement un cerveau!
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